1580 , Guillaume l'ecuyer

Nom : Guillaume de Valorges.
Fils de petite noblesse rurale, envoyé à Cusset pour apprendre le métier des armes et l'étiquette.
Le logis du Gouverneur et les remparts de la ville.
05:30 – Le réveil au chant du fer
Guillaume ne dort pas dans un lit à baldaquin, mais sur un simple châlit dans la salle commune ou à proximité de la chambre de son maître. Il commence sa journée dans la pénombre, allumant une chandelle pour préparer les vêtements du capitaine.
Sa mission : Vérifier que les chausses et le pourpoint de son seigneur sont brossés et impeccables.
Après une miche de pain bis trempée dans du vin coupé d'eau, Guillaume se rend aux écuries. C’est là que l’écuyer mérite son nom (scutarius, celui qui porte l'écu) . Il étrille le destrier du capitaine.
Il passe des heures à frotter les pièces d'armure avec un mélange de vinaigre, de sable fin et d'huile pour chasser la rouille, l'ennemi invisible de l'Auvergne humide.
Cusset est une ville de passages. Sous l'œil sévère du maître d'armes, Guillaume s'exerce dans la cour.
On ne manie plus seulement la lourde épée médiévale, mais la rapière, plus fine et plus traître.
Il doit savoir diriger sa monture par la seule pression des cuisses, car ses mains doivent rester libres pour le maniement de la lance ou des pistolets à rouet, la grande nouveauté technique de cette fin de siècle.
L'écuyer n'est pas qu'un soldat, c'est aussi un apprenti gentilhomme. Lors du repas de midi, Guillaume sert le vin et découpe les viandes avec élégance. C’est ici qu’il écoute les rumeurs : on parle des mouvements de troupes protestantes vers Issoire ou des dernières décisions du Conseil de Ville de Cusset.
Le capitaine doit inspecter les défenses. Guillaume l'accompagne, marchant sur les courtines, observant les imposantes tours de la prison . Il vérifie l'état des réserves de poudre et s'assure que les sentinelles ne somnolent pas.
La cloche de l'église Saint-Saturnin sonne la fin de la journée officielle. Guillaume dispose d'un peu de temps libre. Il descend peut-être vers la place du marché pour voir les marchands de grains ou écouter un colporteur raconter les nouvelles de la Cour.
Dernier devoir : aider le capitaine à se dévêtir. Guillaume range les armes, s'assure que l'épée est à portée de main du maître, puis se retire. Il s'endort avec le bruit des pas de la garde sur les pavés de Cusset, rêvant du jour où il recevra, lui aussi, l'accolade.
