1250 , Gautier le potier

Le Matin : La quête de la "terre"
05h30 – Le réveil :
Au son des matines de l'abbaye, Gautier se lève. Sa maison est étroite : l'atelier occupe le rez-de-chaussée, ouvert sur la rue, tandis que sa famille dort à l'étage.
07h00 – L'extraction :
Accompagné de son apprenti, il se rend sur les berges du Sichon pour extraire l'argile grise. C'est un travail harassant. Il faut la purifier, en extraire les cailloux et les racines, puis la laisser "pourrir" un peu pour qu'elle gagne en plasticité.
09h00 – Le pétrissage :
De retour à l'atelier, Gautier foule la terre aux pieds, puis la travaille à la main sur son banc pour chasser les bulles d'air. S’il reste une bulle, le pot explosera à la cuisson.
11h00 – Le façonnage :
Gautier s'installe devant son tour à bâton (un plateau de bois lourd qu'il lance à la main ou avec un grand bâton). Ses doigts agiles font monter la terre. Aujourd'hui, il produit des "oules" (marmites globulaires) et des pichets pour les tavernes de la ville.
14h00 – Le décor et l'engobe :
Les pièces de la veille ont séché. Il applique un décor simple : des lignes tracées à la pointe d'un bois ou des petites pastilles d'argile rapportées. Pour les commandes de l'abbaye, il utilise parfois un glaçure au plomb qui donnera ce vert brillant typique du Moyen Âge.
16h00 – Le chargement du four :
C'est le moment le plus délicat. Il empile des dizaines de pots dans son four en briques et argile, en veillant à ce que l'air circule.
18h00 – La mise à feu :
Le four est allumé avec du bois de chêne et de charme des forêts environnantes. La température doit monter lentement. Gautier passera une partie de la nuit à surveiller la couleur des flammes et la fumée qui s'échappe de la cheminée.
20h00 – Le repos du maître :
Fatigué, les mains marquées par la terre et gercées par l'eau froide, il partage une miche de pain et un pichet de vin clairet avec sa femme, en espérant que la "fournée" de demain sera sans casse.
