1900 , Auguste le Facteur

La Journée d'Auguste, Facteur à Cusset (Printemps 1900)
5h30 : Le réveil au chant du coq ;Auguste habite une petite maison près de la rue de la Constitution. Il enfile son uniforme en drap de laine sombre, ajuste son képi et vérifie que ses souliers sont bien cirés. À cette époque, un facteur parcourt entre 20 et 30 kilomètres à pied par jour ; la qualité du cuir, c’est sacré.
06:30 – Le tri à l'Hôtel des Postes :
Arrivé au bureau, l'odeur de l'encre et du papier froid domine. Auguste trie les lettres arrivées par le train de nuit. Il y a beaucoup de correspondances pour les riches curistes de passage et des factures pour les commerçants du centre-ville. Il range tout dans sa sacoche en cuir épais, la fameuse "boîte à lettres" portative.
08:00 – La tournée urbaine:
Il commence par le cœur historique. Il salue les ménagères qui lavent le pavé devant leurs portes. À Cusset, tout le monde connaît Auguste. On l'arrête pour prendre des nouvelles de la santé du petit dernier ou pour commenter les dernières nouvelles du journal local.
Le moment clé :
Il livre une carte postale illustrée à une famille du Cours Arloing . C’est encore un objet moderne et fascinant !
11:00 – L'ascension vers les hauteurs :
Le plus dur commence. Auguste quitte le centre pour monter vers les hameaux et les fermes sur les collines environnantes. Le chemin est boueux, mais la vue sur la vallée de l'Allier est magnifique. Il s'arrête souvent dans les métairies pour remettre le courrier aux paysans qui, bien souvent, lui demandent de leur lire la lettre car ils ne maîtrisent pas tous la lecture.
13:00 – La pause " obligatoire " :
Dans une ferme isolée, on ne laisse pas repartir le facteur sans un verre de vin rouge ou une tranche de jambon de pays. C'est le revers de la médaille : s'il refuse, il offense ; s'il accepte à chaque arrêt, la fin de la tournée devient périlleuse !
16:00 – Le retour et les mandats :
Auguste redescend vers Cusset. Sa sacoche est plus légère, mais ses jambes sont lourdes. Il doit encore passer au bureau pour remettre l'argent des mandats et les lettres qu'il a collectées en chemin.
18:30 – La fin de service :
Avant de rentrer, Auguste s'autorise un petit passage au café de la Perle pour discuter avec les amis. Il retire enfin son képi. Demain, il recommencera, qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, car comme on dit à l'époque : "Le courrier doit passer".
