1600 , Enguerrand le Maître d'arme

Le Matin : Discipline et Acier
06h00 : L'éveil au son des cloches.
Enguerrand loge non loin de la Porte de Doyat. Sa chambre est spartiate : un lit à baldaquin pour la chaleur, une armoire contenant ses pourpoints de cuir et, surtout, son râtelier d'armes.
07h30 : L'entraînement personnel.
Avant que la chaleur ou les élèves n'arrivent, il s'exerce seul. Il travaille ses "passes" (mouvements de pieds) et ses "estocs" (coups de pointe) contre un tronc de bois appelé le "pal".
09h00 : La leçon aux jeunes nobles.
Les fils des familles locales viennent apprendre le maniement de la rapière. À cette époque, l'escrime n'est pas un sport, c'est une science de survie. On y apprend à utiliser la main gauche pour saisir la lame adverse ou dégainer une dague (main-gauche).
12h00 : Déjeuner à la taverne.
Un repas robuste de venaison et de vin de l'Allier. C'est ici qu'il entend les rumeurs : qui a insulté qui ? Un duel se prépare-t-il ? En tant que Maître d'armes, il est souvent appelé comme arbitre ou "second" pour s'assurer que l'honneur est respecté sans boucherie inutile.
14h30 : Maintenance de l'arsenal.
Il se rend chez le forgeron de Cusset pour vérifier la trempe de nouvelles lames. Une lame de 1600 doit être à la fois flexible pour ne pas casser et assez rigide pour transpercer un buffle (vêtement de cuir épais).
16h00 : La salle d'armes.
Les bourgeois de la ville et les officiers de la garnison viennent s'exercer. Enguerrand supervise les assauts. L'ambiance est lourde de l'odeur de sueur, de cuir tanné et du fer qui s'entrechoque.
18h30 : Ronde sur les remparts.
Bien que noble, son titre de Maître d'armes lui donne une responsabilité dans la défense de la cité. Il observe les fossés de Cusset, s'assurant que les sentinelles sont aux aguets.
20h00 : Étude des traités.
À la lueur d'une chandelle, il annote son exemplaire du traité de Salvator Fabris ou d'un maître italien. Il dessine des diagrammes géométriques illustrant les angles d'attaque parfaits.
22h00 : Repos.
Enguerrand se couche, son épée jamais à plus d'une main de distance. À Cusset, en 1600, la paix est une courtisane fragile.
