1923 , Madeleine , Vendeuse

  

 

 

Madeleine s’éveille dans un petit appartement modeste qu’elle partage avec sa famille. Le confort est sommaire : pas d’eau courante à l'étage, il faut descendre à la fontaine ou utiliser la cuvette de porcelaine. Elle ajuste son corset, enfile sa robe de travail noire — sobre mais élégante pour faire honneur à la clientèle — et noue ses cheveux en un chignon bas, très à la mode.

Après un café rapide et un morceau de pain de campagne, elle quitte le domicile. L'air du matin est frais, imprégné de l'odeur de charbon des cheminées.

8h00 : L'arrivée Rue de la Constitution

Elle descend à pied vers le centre-ville. La rue de la Constitution est l'artère commerçante par excellence. Elle arrive devant l'enseigne " Aux Travailleurs " . Ce magasin est une institution locale : on y vend des vêtements de confection, des bleus de travail pour les ouvriers des usines voisines, mais aussi de la mercerie fine .  Madeleine commence par les corvées du matin : Balayer le pas de la porte , Dépoussiérer les rayonnages en bois sombre , Mettre en valeur les dernières nouveautés arrivées par le train de Vichy.

12h00 : La pause déjeuner

Le magasin ferme ses portes pour deux heures. Madeleine ne rentre pas toujours chez elle. Elle sort son "panier de ville" contenant une soupe épaisse dans un bocal de verre et un morceau de fromage de pays. Elle s'installe parfois avec d'autres vendeuses sur un banc, discutant des derniers potins : le prix du pain qui augmente ou les préparatifs de la foire de Cusset.

14h00 : L'effervescence de l'après-midi

C’est le moment le plus dense. La clientèle est variée : Les méres de famille cherchant de la toile solide pour rapiécer les culottes des enfants.

    Les jeunes fillesadmirant les rubans de soie . Les ouvriersvenant acheter leur casquette neuve après la paye.

Madeleine doit faire preuve de patience et de psychologie. En 1923, on ne se sert pas soi-même : elle doit grimper à l'échelle pour attraper les coupons de tissus en hauteur, mesurer avec son mètre en bois et emballer chaque achat avec soin dans du papier kraft ficelé.

18h30 : La fermeture et le retour

Après avoir fait les comptes de la caisse et rangé les étoffes déballées, Madeleine tire le rideau de fer. Elle remonte doucement vers son quartier. Les réverbères à gaz commencent à s'allumer. La journée a été longue, ses jambes sont lourdes à force d'être restée debout, mais elle apprécie cette indépendance que lui procure son salaire.

20h00 : La soirée au foyer

Le dîner se fait en famille, autour d'une potée. On discute des nouvelles lues dans Le Petit Journal. Avant de se coucher, elle prépare ses affaires pour le lendemain. À 25 ans, Madeleine rêve peut-être d'aller danser dimanche prochain au casino de Vichy, la ville thermale voisine qui brille de mille feux, si loin et pourtant si proche de sa vie de labeur à Cusset.

  

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