22 Juin 1940 , Pillage de l'Ardoisiére

En ce mois de juin 1940, la chaleur est étouffante dans les gorges du Sichon . Habituellement, le clapotis de l’eau et le tintement des verres au Café de l'Ardoisiére offrent un refuge de fraîcheur aux habitants de Cusset. Mais l’air s'est soudainement chargé d’une odeur de poussière et de défaite.
Le silence de la vallée est brisé par le vrombissement des side-cars et des camions gris de la Wehrmacht. Ce qui n’était qu'une rumeur lointaine devient une réalité brutale : les troupes allemandes pénètrent dans les gorges. Pour le café de l’Ardoisière, le temps de l'insouciance s'arrête net.
Le pillage commence, non pas comme un chaos désordonné, mais avec la précision froide d’une armée qui entend vivre sur le pays conquis.
Les caves sont vidées de leur vin, les garde-mangers dépouillés de leur farine et de leur charcuterie.
Ce qui ne peut être emporté est parfois dégradé ou utilisé pour le confort immédiat des troupes en mouvement.
Au-delà du café, c'est tout le site de l'ardoisière qui est scruté. Les forces occupantes comprennent vite l'intérêt stratégique des matériaux et des infrastructures locales pour soutenir leur effort de guerre.
Pour les propriétaires et les clients habituels, ce n'est pas seulement une perte matérielle ; c'est le début d'une ère de privations. Ce pillage inaugural annonce les années sombres qui suivront : Le café, le sucre et les produits de base deviennent des souvenirs.
L'Ardoisière, autrefois lieu de convivialité, devient le symbole d'une liberté confisquée.
"Ce qui fut volé en juin 1940 n'était pas seulement du grain ou du vin, c'était le sentiment de sécurité des gens de la commune .
